Dolce Vita

Elle a laissé son enfant sur le fleuve
Personne n’était là pour lui reprocher
Surtout pas moi, je lui aurais donné le droit

Elle lui a fait un radeau en paille
Qu’elle a lancé un jour grisant
Le moment se faisait de plus en plus vieux
Il est parti le bébé naissant

« Les animaux le font, alors pourquoi pas moi? »

Se dit-elle naïvement les yeux de brume
Juste avant de le voir couler comme une enclume
Le bébé venait de grandir tout d’un coup
Le poids de l’expérience plus lourd que la paille

D’un bond, plus rapidement,
Étant livré à lui-même,
Sans parents.
Ses jambes allongeant
Défonçant ses savates
Déchirant sa couche aux fesses.
Il doublait, il triplait
Il quadruplait
L’enfant, l’adolescent,
Le nouveau né